23.7.05

Pergame (Turquie), le 23 juillet 2005

Certaines journées ne sont qu’un ruissellement d’imperfections et d’incompréhensions qui attaquent doucement les nerfs. Je me lève, ma logeuse mal réveillée se montre des plus désagréables. Mon petit dej est une lutte de tous les instants contre des guêpes mal intentionnées et des mouches collantes. Après une longue attente, je me retrouve dans un bus direction Pergame. Je discute laborieusement en allemand avec ma voisine. Après 3 heures et demi de conversation, je ne sais toujours pas d’où elle vient ni où elle va. Je sais juste que sa famille est en Allemagne, que son mari est malade, qu’elle partage son temps entre la Russie et l’Allemagne et qu’elle voyage depuis de nombreuses heures déjà. Lors de la pause déjeuner, nous nous attablons ensemble comme deux vieilles copines inséparables. Elle me donne le numéro de son fils qui travaille dans le tourisme à « Alagna » : je ne sais absolument pas où ça se trouve, ni même dans quel pays, mais bon il paraît que c’est très beau alors il faut que j’y aille et que j’embrasse son fils pour elle. Mon guide m’informe que cette « Alagna » pourrait fort bien être « Alanya », sur la côte turquede la Méditerranée.

Le bus me jette ensuite au beau milieu d’un carrefour, parce qu’en fait, Pergame, ce n’était pas vraiment sur sa route. A peine ai-je empoigné mon sac et amorcé un début de réflexion sur la direction à prendre pour rejoindre la ville qu’un taxi est déjà arrêté devant moi. Evidemment, il veut m’emmener à la pension de son ami, mais non, je veux aller à l’Acroteria Pension. Dialogue de sourds. Il finit par céder, mais se venge ensuite sur le prix. Premier conflit avec un taxi…

Je cherche un site, je ne le trouve pas, je cherche un café Internet, je n’en trouve pas. Je souhaite prendre un billet de train pour Ankara demain soir, il n’y a plus de place. Dans ces cas-là, on rentre sagement à son hôtel et on médite profondément sur des proverbes égéens : « l’herbe pousse sur sa racine »…

A 19h15, je croise la route de Clément, un lillois perdu dans les rues de Pergame.

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