21.8.10

"Mais qu'est-ce que tu fais là ? Non mais sérieusement..."

Suite à ces quelques expériences touristiques au Kazakhstan, mon hypothèse est la suivante : le Kazakhstan n’a pas de politique, ni même d’ambition, touristique. Le Kazakhstan n’est pas un lieu où l’on fait du tourisme. C’est un endroit où l’on cherche du pétrole, du gaz et des minerais.

D’abord, il n’y a très peu de transports permettant de rejoindre les sites présentant un intérêt touristique. Les transports ont quasiment tous une vocation purement « utilitaire » (domicile, travail).

Ensuite, sur place, les habitants ne sont absolument pas sensibilisés à l’intérêt des sites qui les entourent. Sur les rives du lac Ala-Köl, la situation était même assez cocasse puisqu’il y avait deux grands panneaux informant les touristes sur « l’île aux oiseaux » et son patrimoine naturel, des beaux panneaux financés par des ONG et les Nations-Unies… Mais ensuite rien ne suit… Ca nous donne juste envie d’y aller, mais on ne peut pas, à part à la nage.

Et puis surtout, quand je discute avec des Kazakhs, la première question qu’ils me posent (après : d’où tu viens ?) c’est : « tu es ici pour le travail ? ». « Non, je voyage ». « Oui mais… pour le travail ? C’est quoi ton travail ? ». « Non, je ne travaille pas… je suis là juste pour voir le pays… faire du tourisme ». Généralement il s’en suit un silence très interrogatif. Les Kazakhs ne comprennent pas bien l’idée qu’on vienne « voir » le Kazakhstan. Sur leurs visages on peut lire « tu s’rais pas mieux à Miami beach, dis ? ».

Touriste au Kazakhstan, c'est un peu comme marxiste au FMI ou naturaliste ches Total : on ne comprend pas bien le concept.

D'ailleurs, il faut se rendre à l’évidence : il y a très peu de voyageurs, ici… En Ouzbékistan j’en croisais à la pelle, ici je n’ai croisé qu’un groupe de 4 Allemands en 15 jours. Je suis toujours « l’étrangère » (non, même pas « la Française », juste « l’étrangère »), celle qu’on dévisage en souriant, genre « tiens, qu’est-ce qu’elle fait là, elle, elle s’est perdue ? », et même avec une certaine compassion parfois (« oh ma pauvre petite, toute seule ici… »). Oui, car les Kazakhs ne comprennent pas non plus pourquoi je suis toute seule. Vraiment pas.

Bref, pas grand monde, mais vu comme ce pays est difficile d’accès, vu comme ses trésors sont bien planqués, ce n’est pas très étonnant. Moralement c'est un peu lourd, parce que je donnerais cher pour avoir une conversation en francais ou en anglais, bref une conversation susceptible de mobiliser plus de 200 mots de vocabulaire.

En attendant, pour me consoler, je mange des Twix (qui s'appelaient Raider avant l'invention du marketing... Ca c'est pour une Nantaise qui se reconnaitra).

2 commentaires:

  1. :-)
    :-)
    :-)
    :-)
    Prochaine idée peut-être pour le prochain voyage : la trousse conversation de secours !!! L'idée, tu enregistres une conversation avec quelqu'un et tu l'écoutes dans les moments sècheresse vocale !! ;-)

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  2. j'aime bien ce sentiment d'etre incompris comme touriste, c'est une question que j'ai souvent entendu surtout en albanie et en macedoine, car les gens ont beau etre fiers de leur pays ils ne comprennent pas comment nous est venue a l'esprit l'idee de decouvrir leur terre

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